Les meilleurs contes fantastiques québécois du XIXe siècle – Collectif

Bonjour!

Initialement, cet article devait paraître la semaine prochaine, mais avec la Fête nationale et la thématique de cette année, « Contes et légendes : Entrez dans la légende », j’ai décidé de vous partager aujourd’hui mon avis sur Les meilleurs contes fantastiques québécois du XIXe siècle.


Les meilleurs contes fantastiques québécois du XIXe siècle
Contes réunis par Aurélien Boivin
Éditions Fides (2001)
362 pages, 20$ (15 €)

4e de couverture :

Loups-garous, feux follets, diablotins et fantômes ont longtemps nourri l’imaginaire québécois. Cet univers a été habité par une multitude d’autres êtres surnaturels, tant maléfiques que bénéfiques, parmi lesquels on retrouve des hères, des bêtes à grand-queue, des revenants et des lutins.

Les meilleurs conteurs du XIXe siècle, les Louis Fréchette, Aubert de Gaspé, père et fils, Joseph-Charles Taché, Honoré Beaugrand, Pamphile Lemay, Faucher de Saint-Maurice, et d’autres moins connus tels que Charles-Marie Ducharme, Joseph-Ferdinand Morissette, Alphonse Poitras, Guillaume Lévesque et Louis-Auguste Olivier, ont fait vivre et revivre ces personnages dans leurs contes en puisant à la tradition orale du Québec, l’une des plus riches au monde.

À propos des auteurs :

Aurélien Boivin est professeur au département de littérature de l’Université Laval. Dans ce recueil, il a regroupé des textes de 13 auteurs, dont le dramaturge Louis Fréchette et le politicien Honoré Beaugrand.

Mon avis :

Ce livre comprend 27 textes distincts écrits par 13 auteurs différents. On va préciser, ici, qu’il y a 27 contes, mais que ce ne sont pas 27 histoires différentes. On retrouve en effet plusieurs versions de certaines histoires. La majorité des contes n’ont qu’une version, mais d’autres se retrouvent en 2 ou même 3 versions. Les personnages, les lieux changent, mais la trame demeure la même. En fait, il doit y avoir plutôt 22 ou 23 histoires distinctes. Il est tout de même intéressant de voir les différentes versions. Ces différentes versions ne sont pas regroupées ensemble, ce qui permet un peu d’avoir le temps d’oublier une version quand on en lit une seconde. En fait, les textes sont regroupés par auteurs et présentés en ordre chronologique.

Parmi ces histoires se retrouvent des légendes plus connues, comme celles de la Chasse-Galerie et de Rose Latulipe, et d’autres moins connues. Les auteurs également sont plus ou moins connus. Cela m’a permis de les découvrir.

Les textes sont les originaux publiés au 19e siècle, plus précisément entre 1837 et 1899. Les fautes orthographiques ont été corrigées, mais on retrouve la parlure de l’époque, dans une écriture recourant parfois à un langage très familier. Ce qui rend bien l’importance de la tradition orale dans la propagation des légendes.

Ces contes sont tirés de la tradition québécoise, à une époque où la religion occupait une place importante dans le quotidien. Les contes tournent donc majoritairement autour de cette thématique : le bien, le mal, le diable, les conséquences de ne pas faire ses pâques… Il y a certains éléments d’ailleurs qui nous feraient rire aujourd’hui. Par exemple, les filles de l’époque n’osent pas trop se promener avec des décolletés et veulent montrer le moins de peaux possible. Les garçons qui ne font pas leur Pâques se retrouvent confronter aux loups garous. Je trouvais fort intéressant de voir, d’une façon différente, les croyances de l’époque.

Pour chaque auteur, on nous présente une courte biographie, ce qui donne une bonne mise en contexte, et nous permet de découvrir des auteurs moins connus.

Il y a aussi une introduction générale qui permet de mettre en contexte l’élaboration du recueil et de situer les contes dans leur contexte historique et dans la littérature de cette époque. Bien qu’il s’agisse d’une mise en contexte intéressante, j’ai parfois l’impression qu’une connaissance des contes s’avère utile à la compréhension de cette introduction, entre autres, lorsque de Boivin compare ou analyse différents contes. Donc, une partie de cette section aurait peut-être eu davantage sa place à la fin du recueil, en guise de conclusion.

En ce qui concerne le style, celui-ci varie inévitablement d’un texte à l’autre puisque 13 auteurs y sont représentés avec de 1 à 5 contes chacun. Il y a donc des textes meilleurs que d’autres. Pour certains, la mise en contexte demeure trop longue pour une histoire très courte. Donc, on se demande parfois pourquoi autant de blabla pour une si petite histoire. Un aspect problématique, selon moi, est que certains textes sont tirés de livres et que le découpage n’est pas bien fait puisque les pages sont gardées intégralement, sans aucune coupure. Cela vient allonger la mise en contexte, puisque trop d’éléments ont été conservés du livre pour avoir le conte complet, mais plusieurs de ces éléments sont inutiles et viennent plutôt alourdir la lecture. De plus, dans certains de ces textes, on fait référence à certains passages du livre d’où sont tirés les histoires, mais on n’a pas les informations pour comprendre cette référence, car elle n’est pas parmi les pages sélectionnés par Boivin. Les notes de bas de page deviennent nécessaires pour comprendre.

Pour les autres contes, tirés de recueil ou de journaux, on évite ce problème. Les textes sont bien ficelés et tout se tient bien.

En fait, la question est de savoir si les bons contes permettent de compenser pour les moins bons. Au niveau du contenu, il demeure intéressant de découvrir, malgré les répétitions, chacun de ces contes et il est toujours bien de connaître les légendes de notre folklore québécois. Par contre, c’est au niveau du style que ça se gâte pour certains. Il y a tout de même la moitié des textes, environ, que je trouvais bien.

Bref, oui, la lecture peut valoir la peine, mais il serait peut-être préférable d’opter pour un autre recueil contenant moins de contes, ce qui pourrait permettre d’éviter les points faibles de celui-ci. Personnellement, c’est le seul livre du genre que j’ai lu, alors je ne peux guère comparer. Toutefois, les éditions XYZ proposent Treize contes fantastiques québécois qui pourrait s’avérer une alternative intéressante.

Sunflo qui vous souhaite une
bonne Fête nationale 😉

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