Les filles de Caleb, t.1 : Le chant du coq – A. Cousture

Bonjour!

Il y a déjà un moment que j’avais envie de lire cette saga, un classique de la littérature québécoise.  Mais, j’ai toujours remis cette lecture pour diverses raisons. C’est peut-être cette nouvelle édition, version revue et corrigée, 25 ans après la version originale qui m’a convaincue, mais finalement, je me suis décidée et j’ai dévoré ce premier tome en quelques soirées.

Les filles de Caleb, tome 1 : Le chant du Coq par Arlette Cousture
Éditions Libre Expression, 2010
410 pages, 28$ (Québec)

 

Petite précision sur le titre:

Pour vous situer, il s’agit du premier volet de la trilogie Les filles de Caleb. Son titre québécois est  Le chant du Coq, mais en France, il est connu sous le titre Émilie.  Je n’ai jamais compris la manie des Français de changer des titres qui sont déjà dans leur langue, mais ce n’est pas aujourd’hui que ça va changer!
D’ailleurs, en France, la série télé s’intitule Émilie, la passion d’une vie. Alors qu’au Québec on a conservé le titre de la saga littéraire

 

 

4e de couverture

«Ce premier volet de la trilogie Les Filles de Caleb nous fait connaître une héroïne forte et passionnée, Émilie Bordeleau, dont nous suivons le destin de 1892 à 1946.

Institutrice dans une humble école de rang de Saint-Tite, Émilie s’éprend d’un de ses élèves, Ovila Pronovost, à qui elle finit par unir sa vie, pour le meilleur et pour le pire.

Les amours d’Ovila et de sa « belle brume », Émilie, les défis de leur vie commune rythmée par les naissances, les décès et de trop longues séparations, enfin leur ultime tentative de se rapprocher alors qu’ils s’installent dans la ville industrieuse de Shawinigan, voilà ce qui nous est raconté dans ce roman qui n’a cessé d’embraser l’imagination des lecteurs depuis bientôt deux décennies.»


Mon avis:

Cette histoire se déroulant de 1895 à 1918 est en fait une biographie romancée de la vie d’Émilie Bordeleau, la grand-mère maternelle de l’auteure Arlette Cousture. On y suit donc 23 années dans la vie de cette jeune femme, et plus particulièrement sa relation avec Ovila Pronovost qu’elle épousa en 1901.

Historiquement, ce roman me paraît très bien. La période illustrée est longue, mais elle est bien campée par l’histoire. On comprend bien l’époque, les difficultés, les modes de vie ainsi que les développements vécus au début du siècle dernier. On y voit, entre autres, l’importance de l’Église à cette époque, le rôle des femmes… Bref, si on veut se donner une idée de cette période, pas si lointaine, en lisant un roman, celui-ci semble bien représentatif. Ça m’a rappelé à quel point la vie d’institutrice était pénible à l’époque! (En fait, bien que différente, elle l’est toujours actuellement )

L’histoire racontée est intéressante puisqu’Émilie et son entourage vivent plusieurs évènements qui viennent bouleverser leur vie : naissances, deuils, maladies, mariage, rencontres… Les épisodes nombreux, entrecoupés d’anecdotes qui font sourire, font que le lecteur n’a pas le temps de s’ennuyer. L’histoire entre Ovila et Émilie apporte le plus gros des joies et tristesses dans ce roman, car cet amour passionnel leur apportera des hauts et des bas allant dans les extrêmes. Malgré que tout ne s’enchaîne pas comme le lecteur le voudrait (non, pas de « Ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants »), il n’en demeure pas moins que cette histoire est magnifique et vaut la peine d’être lue (ou vue). Il est impossible de ne pas être touché par cette histoire.

En ce qui a trait au style, l’auteure va directement au but n’ajoutant aucun flafla inutile, ce qui n’est pas négligeable pour couvrir une si longue période sans tomber dans des lourdeurs superflues ou rallonger le roman inutilement. Malgré tout, elle inclut bien l’essentiel qui permet de bien saisir les évènements et de se les imaginer. Les phrases sont courtes, précises et suffisamment imagées, bien que certaines m’aient un peu dérangée par leur structure qui me semblait boiteuse.

Le vocabulaire utilisé, particulièrement dans les répliques, demeure parfois familier, ce qui permet d’accentuer la réalité de l’époque où l’éducation était rare, particulièrement dans les milieux ruraux. Heureusement, pour les non-Québécois, un glossaire est inclus dans les dernières pages, expliquant quelques expressions d’ici. Bon, je ne vois pas l’utilité d’expliquer « tabernak », je crois que tout le monde sait que c’est un juron au Québec, mais ça peut être utile pour certaines autres expressions.

Il m’est impossible de vous parler de ce livre sans faire un parallèle avec la série de Jean Baudin diffusée en 1990. Bon, j’avoue que, à cette période, je ne l’ai pas écoutée, mais j’ai vu quelques épisodes des rediffusions récentes. Donc, je me permets quelques commentaires!

En lisant, je revoyais les scènes telles que je les avais vues au petit écran avec Marina Orsini, Roy Dupuis et les autres. Et je dois avouer que j’ai préféré la série télé au livre, ce qui est chose assez rare dans mon cas. Je crois que cela s’explique principalement par l’émotion véhiculée. En fait, je trouve que, par le style du roman, en voulant allez droit au but, on y coupe parfois l’émotion et les sentiments vécus par les différents personnages. Alors que, dans la série, les acteurs de talent rendent fort bien cet aspect.

Il est possible que le fait d’avoir vue la série avant et de revoir les scènes influence cette impression, peut-être que je n’aurais pas remarqué ce manque si je n’avais pas visionné une partie de la série.

Je me permets de glisser un mot sur les quelques illustrations de Gilles Archambault présentes dans le livre. Elles sont bien jolies, mais pas réellement pertinentes, car elles ne représentent pas toujours le contenu du texte. En fait, chacune comporte en légende un extrait ne correspondant pas nécessairement à ce qui est illustré.   Par exemple, au chapitre 16, sous l’illustration d’un comptoir de salle de bain, la légende est une réplique d’Ovila disant à Émilie qu’elle a « une roche à la place du cœur ».  Mais, comme ce n’est pas de la littérature jeunesse et qu’on peut très bien comprendre sans recourir aux illustrations, cela n’enlève rien au livre!

Bref, je comprends bien que cette histoire fasse partie de nos classiques littéraires et télévisuels et j’ai envie de lire la suite, Le cri de l’oie Blanche, prochainement. Je le connais déjà par la série télévisée que j’ai vue. Mais, j’ai surtout hâte de découvrir le 3e volet, L’Abandon de la mésange, dont j’ignorais l’existence jusqu’à assez récemment.

À bientôt,
Sunflo:)

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6 réflexions sur “Les filles de Caleb, t.1 : Le chant du coq – A. Cousture

  1. Pingback: La fille du berger des arbres – G. Summers « L'univers de Sunflo

  2. Pingback: TTT (05) – Auteurs québécois à découvrir (suite) | L'Univers de Sunflo

  3. Cette trilogie est la préférée de ma mère. J’ai commencé par écouter la série, que j’ai vraiment adoré! L’univers est riche, les décors magnifiques (un véritable voyage dans le temps!) et les personnages sont très bien interprétés. Après avoir écouté la série, je me suis décidé à lire le livre que j’ai tout autant aimé. Je n’ai jamais lu la suite par contre, je ne sais pas pourquoi. J’ai l’intention d’acheter la nouvelle édition éventuellement et je vais en profiter pour lire les 3 cette fois. ^_^

    • Moi, j’y suis allée totalement dans le désordre avec cette saga. J’ai vu la télésérie Blanche en premier, lors de sa diffusion originale. Après j’ai vu quelques épisodes de la série Les filles de Caleb. J’ai surement vu comme ça la série au complet dans le désordre au fil des ans. Par la suite, en 2011 ou 2012, j’ai lu le 1er volet et j’ai écouté la série au complet dans l’ordre par la suite. Et après j’ai lu et revu le second volet. Il me reste à lire le 3e, mais il m’intéresse moins. Possiblement aprce qu’il est ancrée dans une histoire plus récente (1950 à 1990 environ)
      Si tu lis les trois, peut-être que ton avis me convaincra de me plonger dans l’histoire d’Élise.

  4. ohhh !! Je le met immédiatement dans la liste des livres que je veux acheter 😀 Pourquoi je n’y ai pas pensé !! C’est un grand classique québécois !! J’ai vraiment hâte de lire cette série et ton article m’a grandement mit l’eau à la bouche 🙂

    • C’est à lire absolument, ne serait-ce que parce que c’est un incontournable. Personnellement, il ne me reste que le dernier tome à lire, ayant déjà lu celui-ci ainsi que Le Cri de l’oie blancheconcernant Blanche. Toutefois, le 3e titre m’intéresse moins, je ne sais pas trop pourquoi. Mais je le lirai certainement un jour.

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