Les petites filles modèles

Bonjour,

Cette semaine, j’ai sorti de ma PàL un classique de la littérature jeunesse, soit Les petites filles modèles de la Comtesse de Ségur, publié pour la première fois en 1858. Bien que ce roman s’adresse aux enfants, il s’agit pour moi d’une première lecture.

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Les petites filles modèles par la Comtesse de Ségur (1858)
Maxipoche – Jeunesse

4e de couverture

La parution des petites filles modèles en 1858 constitue un tournant dans l’histoire de la littérature enfantine.

Est-ce parce que la comtesse de Ségur était d’origine russe qu’elle s’est spontanément éloignée des modèles idylliques en mode dans les familles françaises de son temps? Certes, ce roman, le premier de la trilogie qu’il formera avec Les vacances et Les malheurs de Sophie, affiche des ambitions essentiellement pédagogiques. Mais, pour son auteur, l’apprentissage du bien doit être fondé sur l’expérience et axé sur la formation du caractère, plus que sur l’enseignement des bonnes manières dont elle a pu constater avec horreur qu’elles n’étaient trop souvent en France que le paravent du vice et de l’hypocrisie.

Cette franchise, que d’aucuns ont qualifiée de typiquement russe, la conduit à rejeter les formules convenues au profit d’un authentique réalisme anecdotique et psychologique.

Mon avis

La 4e de couverture est peu précise sur ce qu’on trouve dans ce livre. En fait, celui-ci nous raconte les aventures de quatre jeunes filles : Camille, Madeleine, Marguerite et leur voisine Sophie. Les deux premières sont très sages et obéissantes. De son côté, Sophie enchaîne les mauvais coups. Marguerite, la plus jeune, est presque aussi bonne et sage que les deux aînées, mais se laisse facilement influencer ou provoquer par Sophie. Le lecteur accompagne, à travers quelques épisodes anecdotiques, les jeunes filles durant environ 3 ans pendant lesquelles chacune, particulièrement Sophie et Marguerite, apprendra à être de meilleures personnes.

Il faut garder en tête que le livre nous plonge dans une autre époque et qu’il peut être fâchant de voir Mme Frichini fouetter la petite Sophie, bien que cela nous aide à nous attacher à la fillette. Les mœurs ont bien évolué depuis, heureusement! Surtout que l’on constate rapidement que les coups n’ont rien appris à cette pauvre Sophie! Ce livre écrit pour être un outil d’apprentissage pour les jeunes filles pouvait peut-être en être un pour les parents également, concernant les bonnes méthodes d’éducation. C’est d’ailleurs un des points intéressants du livre : malgré quelques punitions, les enfants tirent d’elles-mêmes les leçons de leurs mésaventures, sans avoir besoin à tout moment de l’intervention des adultes. Il est évident que ce côté « pédagogique », comme il est dit dans la 4e de couverture, peut toutefois être lourd, mais ça cadre avec la littérature jeunesse de l’époque.

D’ailleurs, mentionnons que la majorité des anecdotes présentes dans ce livre se déroule en un chapitre. Il s’agit donc, plutôt, d’un recueil de petites histoires que d’un véritable roman. La majorité des chapitres pourraient être lus dans un ordre aléatoire ou de façon discontinuée. Cela m’apparaît peut-être une meilleure façon de le lire, car je trouve toujours ce genre de livre moralisateur assez difficile à lire d’un bout à l’autre sans m’en fatiguer. Toutefois, les situations étaient assez variées et cela aide à passer au travers, surtout que certains évènements, comme la mésaventure en forêt, sont plus intéressants et changent des aventures plus quotidiennes, telles les mésententes entre amies. À ce sujet, mentionnons que, bien que le livre date un peu, la majorité des situations peuvent être vécues par les enfants d’aujourd’hui : manger trop, oublier une poupée quelque part ou tout simplement désobéir! Le contexte est différent, mais la réalité est la même. Les enfants d’aujourd’hui peuvent donc tout de même s’identifier facilement aux personnages du récit en se demandant comment ils réagiraient dans des situations semblables.

J’ai toutefois trouvé que les personnages étaient parfois exaspérants : Camille et Madeleine sont trop parfaites et Sophie trop désobéissante. Heureusement qu’il y avait Marguerite, qui était un « entre-deux ». Cependant, cela ne nous empêche pas de nous attacher à chacune. Selon moi, Sophie est le personnage le plus intéressant, car c’est le seul qui me donne l’impression d’évoluer.

En fait, au début de l’histoire, les personnages principaux ont entre 3 et 8 ans. Il s’agit d’âges auxquels tout enfant évolue beaucoup en 3 ans, durée approximative de l’ensemble de ces récits. Toutefois, je n’ai pas l’impression que chacune des fillettes ait évolué à ce point. J’ai plutôt l’impression d’accompagner des enfants sans âge. Rien dans leur caractère, niveau de langage, comportement ou encore dans les interactions entre chacune ne me donnent l’impression qu’elles ont l’âge indiqué dans le texte. Je me suis demandée, à certains moments, pourquoi on s’était donné la peine de m’indiquer l’âge de chacune ou le temps écoulé entre certains évènements.

En ce qui concerne le style, bien que rédigé dans un français quelque peu ancien, l’écriture demeure facile à suivre, malgré quelque temps de verbes moins employés de nos jours. Le texte est fluide et la narration simple. Le tout est écrit pour que le lecteur puisse se représenter de chacune des situations, sans toutefois être surchargé de détails et de descriptions inutiles. Au contraire, seulement l’essentiel est généralement présenté, et cela, très clairement.

Dans ma PàL, il y a également Les malheurs de Sophie qui m’attendent et que je risque de lire prochainement. Je crois que mon avis sur ce livre risque de ressembler à celui-ci. Toutefois, je ne compte pas lire Les vacances, bien que la fin de ce premier tome nous y invite.

 À bientôt,
Sunflo

Lu dans le cadre des challenges suivants :

cercle lecture New Pal 2013 PàL à Zéro Destins de femmes

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11 réflexions sur “Les petites filles modèles

  1. Je garde un excellent souvenir de cette trilogie : j’ai lu et relu ce livre enfant (il faut dire que la LDJ n’était guère développée ^_^ ) : Camille et Madeleine m’insupportaient ! J’avais un faible pour Marguerite moi aussi car Sophie en faisait « trop »..

    • Je vois que je ne suis pas la seule à avoir eu cette impression pour les personnages. Mon opinion concernant Sophie n’a pas changé avec la lecture du Les malheurs de Sophie. Je ne sais pas si elle s’est assagit dans Les vacances.

  2. Ah zut, perso j’accrochais plus avec Sophie et je ne supportais pas Marguerite. Camille et Madeleine me soulaient aussi (y’en a une qui était vraiment une bonne soeur…). Ce sont des histoires destinées aux enfants. Je ne pourrais pas les relire à mon âge mais j’ai bien usé les livres en étant enfant 🙂

    • J’aime bien lire les livres pour enfants, je crois même que j’en lis trop.
      Pour les personnages, je crois que je n’ai vu personne apprécier Camille et Madeleine.

  3. Pingback: Les malheurs de Sophie | L'Univers de Sunflo

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